|
||
Fratricide au Burkina
Il y a vingt ans, Thomas Sankara, 1er président du Burkina Faso, était victime de la rivalité qui l’opposait à son frère d’armes, le même Blaise Compaoré. Vertueux, sans doute excessif dans les réformes et les sacrifices qu’il demandait à son peuple, Sankara dérangeait. Pourtant, malgré les dérapages de la révolution dont il était le héraut, l’Afrique ne semble pas l’avoir oublié.
Mince fenêtre ouverte sur un monde francophone pourtant si proche, ce documentaire consacré à la fin tragique du président Sankara a été diffusé en "last time" sur une chaîne de la TNT comme un maigre témoignage médiatique. Pourtant, l’année 2007 a vu au Burkina Faso des manifestations d’ampleur pour commémorer les 20 ans de cet assassinat. Le souvenir de l’expérience singulière du pouvoir de Thomas Sankara, au moment de la présidentielle française, aurait pu rappeler qu’il n’y a pas de fatalité du pouvoir et qu’il suffit parfois d’un homme pour redonner espoir à tout un peuple. Mais le style tranché de Thomas Sankara perturbait aussi l’échiquier politique mondial. Il semble que chacun préfère s’accommoder d’une autre réalité "démocratique" et d’un président qui règne sans partage sur le pays des hommes intègres depuis 20 ans en laissant végéter son peuple au rang des pays les plus pauvres. Un président à qui profite le crime et qui bénéficie d’un large soutien international. Le journaliste Burkinabé Norbert Zongo clamait, peu avant son assassinat en 1998 par des membres de la garde présidentielle, que le pire n’est pas dans les agissements des gens mauvais, mais dans le silence des gens biens. Rémi Rivière
France - 2006 - 52 mn - Couleur
|

