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Le Centre Georges Pompidou
D’une utopie l’autre.
En 1977, le Centre Pompidou, tel un paquebot au milieu des toits de Paris, ouvre ses portes. Objet de nombreuses controverses avant même son lancement, ce centre culturel d’un genre nouveau fait le pari de la pluridisciplinarité et de la plus grande accessibilité au public. Musée, cinémas, expositions, spectacles vivants, bibliothèque de livres en libre accès sont proposés à tous jusqu’à 22 heures. Pour accompagner la naissance de ce géant et la faire connaître au monde, le ministère des Affaires étrangères, sous l’impulsion de Patrick Imhaus, chef du service culturel, décide de mobiliser le maximum de moyens et de faire appel à un grand réalisateur. Très vite, Roberto Rossellini apparaît comme celui qui aura la vision la plus objective et pourra catalyser la plus large audience. L’auteur de Rome, ville ouverte, en effet, a consacré la seconde partie de sa vie à réaliser des films pour la télévision, vecteur privilégié à ses yeux de transmission de la connaissance. D’abord réticent, le cinéaste finit par accepter la proposition à condition de choisir le producteur. Ce n’est qu’après avoir rencontré Jacques Grandclaude, fondateur et animateur d’une communauté de cinéma pluridisciplinaire (Création 9 Information), qu’il accepta de se lancer dans cette aventure. Voulant tourner le film en 35 mm, le cinéaste entraîna cette société de production à participer au financement du film. Bien entendu, carte blanche était donnée à Rossellini pour approcher le sujet comme il l’entendait. Au cours du tournage, le cinéaste se sentit de plus en plus concerné par le Centre. D’abord perplexe devant ce projet si novateur, il va peu à peu y adhérer. Fort et beau, son film, le dernier qu’il ait réalisé, peut apparaître comme la quintessence de son écriture. Il ne comporte aucun commentaire. Témoigne seule la réalité sonore du lieu. Il sera, notamment, diffusé par TF1 et la RAI dans le sillage de l’inauguration. Depuis lors, il n’a pratiquement jamais été projeté. S’apparentant à un film d’ethnologue, constitué de longs travellings zoomés éclairés par Nestor Almendros, le chef opérateur de la Nouvelle Vague, il fera entrer le Centre Pompidou dans l’histoire du cinéma. D’autres cinéastes filmeront le Centre comme Fréderic Rossif, Benoît Jacquot ou Alain Fleischer. "Beaubourg est un phénomène important" déclarait Roberto Rossellini à Ecran 77. "J’ai regardé le phénomène. (…) Je n’ai utilisé dans le film ni musique ni narrateur. J’ai voulu montrer Beaubourg. J’ai caché des dizaines de micros et j’ai recueilli toutes les voix du public qui court en masse à Beaubourg." Ce film n’aurait pu voir le jour sans la détermination de quelques-uns, en particulier Yvette Mallet au Quai d’Orsay, à l’origine de la rencontre avec Roberto Rossellini. Conscient de l’importance historique du moment, Jacques Grandclaude propose à Rossellini de le filmer pas à pas, plan par plan, durant toute la réalisation du film. Convaincu par cette démarche qu’il qualifia en souriant "d’entomologiste", celui qui n’avait jamais accepté qu’on le filme de cette manière, devenait l’acteur principal d’une "leçon de cinéma". Celui qui avait toujours rêvé d’une "caméra au temps de Michel-Ange" n’était finalement pas mécontent que sa manière de faire soit ainsi montrée par une équipe avec qui il se sentait en résonance. De cette complicité, de cette amitié, naîtront 10 heures d’images en 16 mm couleur, et plus de 2 500 diapositives, initiées et dirigées par Jacques Grandclaude, tournées par les équipes de la communauté. Elles n’ont jamais été montées ni diffusées. Aujourd’hui, après la présentation du film de Roberto Rossellini Le Centre Georges Pompidou est proposé sous le titre Rossellini 77 une sélection de ces rushes, qui traduisent l’atmosphère si particulière des tournages de Rossellini. S’ajoutent également des images prises pendant le colloque "L’Économie sociale du cinéma et de la télévision" que Rossellini, président du jury du Festival de Cannes 1977, avait organisé et animé en marge de cette manifestation. Témoins exemplaires de son discours, de ses combats, ce sont ses dernières paroles. Il nous quitta le 3 juin 1977… Un projet de film est en train de naître, témoignant de cette histoire de cinéma et d’amitié inattendue et émouvante que racontera Jean-Claude Brialy et fera revivre Aurore Clément avec la participation de Renzo Rossellini. Jeudi 25 janvier 2007 à 14h30 14h30 : Introduction par Jacques Grandclaude, producteur-réalisateur 14h40 : Beaubourg, Centre d’art et de culture Georges Pompidou, film de Roberto Rossellini, 57 mn, couleur, 35 mm, copie neuve 15h40 : Rossellini 77, film de Jacques Grandclaude, 35mn, couleur, 16 mm Programmation/Présentation : Anne-Michèle Ulrich, Déléguée à l’action culturelle audiovisuelle du Centre Pompidou Cinéma le Royal 8, avenue Foch 64200 Biarritz Le Centre Pompidou remercie le ministère des Affaires étrangères et Jacques Grandclaude
France - 1977 - 57 mn - 35 mm - Couleur
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