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Saudade à Dakar
Dimanche soir à la Zone A, un quartier périphérique de Dakar. Les larges avenues et les ruelles sablonneuses alentour sont peu éclairées, mais la chaleur a fait sortir les gens. La rue est bruyante, gaie, agitée. Les néons derrière lesquels on devine des boutiques ouvertes à toute heure envoient des halos de lumière sur la chaussée. On entend, au loin, des accords de guitare, un ukulélé qui se prépare, des pizzicati de violon… Au fond d’un étroit couloir, une petite enseigne, une lumière verdâtre : nous sommes aux "Iles", îlot cap-verdien au cœur de la métropole, Dakar, un des endroits les plus chaleureux où se retrouve régulièrement la diaspora cap-verdienne du Sénégal. Là, derrière les tables et la petite piste de danse au sol en carreaux cassés, une guirlande de néons autour du palmier central, sont assis six musiciens qui, dans quelques secondes, vont jouer une musique totalement nostalgique, des mornas douces et mélancoliques et des coladeras plus rythmées, dansantes, mais toujours aussi emplies de tristesse. Cet endroit, ces gens, tous émigrés de leur pays d’origine, le Cap Vert, expriment l’essence même de ce concept lusophone si particulier : la saudade.
Sénégal - 2005 - 48 mn - DV - Couleur
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