PETER KOSMINSKY
Peter Kosminsky est un idéaliste qui veut mettre la fiction au service du réel. Avec lui le traitement fictionnel de la réalité a trouvé un maître qui allie avec une intelligence rare sens du récit et justesse d'analyse dans des œuvres marquantes filmées avec humanisme. Pour le documentariste engagé qu'il a longtemps été, la fiction est devenue le meilleur moyen de toucher un large public, de faire réfléchir l'opinion sur des questions difficiles. Rien d'étonnant à ce que chacun de ses films déclenche des controverses car il y dénonce tour à tour les failles des institutions, les dérives de la société, les travers de la politique.
Il commence sa carrière à la BBC, tourne de nombreux documentaires sur la guerre, au Cambodge, aux Malouines, avant de s'orienter vers la fiction, au début des années 1990, avec les Hauts de Hurle-Vent. Il opte alors pour des sujets qui lui permettent de s'exprimer sur un terrain plus réaliste. Après The Life and Death of Philip Knight où il retrace l'histoire du suicide en prison d'un jeune garçon victime d'une erreur judiciaire, c'est The Dying of the Light sur l'assassinat d'un anglais travaillant en mission humanitaire pour l'Unicef en Somalie.
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Biarritz du 18 au 23 janvier 2005 - EuroFipa d'honneur 2005
Plus tard, une recherche sur la maltraitancelui fait découvrir l'histoire vraie d'une fille de 11 ans victime des sévices sexuels de sa famille qu'il raconte de façon poignante dans No Child of Mine. À la suite de Walking on the Moon consacré au racket à l'école, il réalise le saisissant Warriors où il montre l'engrenage dans lequel se trouve pris un bataillon britannique engagé en Bosnie en 1992 sous l'égide des Nations unies. Il enchaîne avec Innocents à propos de pratiques chirurgicales expérimentales sur des enfants à Bristol et dresse ensuite dans The Project la chronique de l'accession au pouvoir du nouveau parti travailliste de Tony Blair en suivant le parcours d'un groupe de jeunes militants qui découvrent la face honteuse de la politique. Après un long-métrage réalisé à Hollywood, White Oleander, il termine en ce moment pour Channel 4 et ARTE David Kelly - autour du suicide de l'expert en armes chimiques et bactériologiques - qui soulève à nouveau la question du mensonge et de la vérité en politique, de la manipulation de l'opinion, de la confiance que le public peut avoir dans les institutions.
Dans ce travail, comme chaque fois, sa démarche rigoureuse est de partir des faits pour trouver, au terme d'une longue documentation et d'une enquête approfondie, le fil rouge de la narration, les anecdotes qui nourrissent le scénario. Même s'il recrée la réalité, les faits relatés sont exacts, le diagnostic implacable. Sa singularité, c'est aussi un style, une mise en scène nerveuse, mobile. On admire l'élégance des mouvements de caméra, le souci constant de précision pour rendre les décors signifiants, la reconstitution juste. S'il filme sans pathos, il se livre à une fine analyse psychologique des personnages. Grâce à un sens aigu du casting et à une direction d'acteurs exigeante ses films bénéficient à chaque fois d'interprètes exceptionnels qui leur donnent ce cachet unique de véracité et de force dans la grande tradition du cinéma réaliste britannique.
ARTE est très fière d'avoir accompagnée son travail depuis près de dix ans et lui témoigne toute son admiration pour l'oeuvre accomplie, légitimement fêtée cette année par le Fipa.
François Sauvagnargues, Directeur de la fiction / ARTE France.
FILMOGRAPHIE
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Fiction / TV
1990 : Shoot to Kill
1992 : The Dying of the Light
1992 : Wuthering Heights (Les Hauts de Hurlevent)
1993 : 15: The Life and Death of Philip Knight
1994 : The Dying of the Light
1997 : No Child of Mine
1999 : Walking on the Moon
1999 : Warriors
2000 : Innocents
2002 : The Project (Les Années Tony Blair)
2002 : White Oleander (Laurier blanc)
2005 : David Kelly (titre provisoire)
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Documentaires / TV
1986 : New York: the Quiet Catastrophe
1986 : Twilight in Belize
1986 : Death Row: a One-Woman Band
1985 : A Home for Laura
1989 : Cambodia: Children of the Killing Fields
1988 : Murder in Ostankino Precint
1989 : One Day in the Life of Television
1987 : The Falklands War: the Untold Story (Les Malouines, révélation sur une tragédie)
1988 : Afghantsi
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| Sa singularité, c'est aussi un style, une mise en scène nerveuse, mobile. On admire l'élégance des mouvements de caméra, le souci constant de précision pour rendre les décors signifiants, la reconstitution juste. |
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